Antiquité
Des eaux déjà fréquentées Tradition corroborée
Les sources chaudes et les boues de Barbotan sont réputées fréquentées dès l'époque gallo-romaine, ce qui en fait l'une des plus anciennes stations de la région — une tradition appuyée par des vestiges antiques signalés à Barbotan en 1828. À une quinzaine de kilomètres, Éauze — l'antique Elusa — était la capitale de la province de Novempopulanie : le pays des eaux n'était pas un désert, loin de là.
Vers 930
Frédelon, premier seigneur connu Tradition locale
Selon la mémoire communale, le premier seigneur de Cazaubon serait Frédelon, comte de Gaure, fils de Guillaume comte de Vic-Fezensac. Au XIe siècle, le bourg se serait entouré de murailles percées de quatre portes — deux subsistent aujourd'hui : la porte d'Uzan et la porte du Hourrat.
XIIIe siècle
La baronnie de Cazaubon Fait établi
Cazaubon est alors le siège d'une baronnie bien réelle. Le baron Géraud de Cazaubon, seigneur de Sompuy, s'oppose au comte d'Armagnac lors de la fameuse « affaire de Sompuy » en 1271-1272 ; un Géraud de Cazaubon cofonde la bastide de Fleurance en 1272 avec Eustache de Beaumarchais. Le bourg entre ensuite dans la mouvance des puissants comtes d'Armagnac. Contrairement à une idée répandue, Cazaubon n'est pas une bastide : ses fortifications sont antérieures à ce mouvement, et il s'apparente plutôt à un bourg castral fortifié.
Première moitié du XVIe
Le portail Renaissance de Saint-Pierre Fait établi
L'église Saint-Pierre de Barbotan, qui date pour partie de la fin du Moyen Âge, est reconstruite dans la première moitié du XVIe siècle. Son portail de style Renaissance s'ouvre sous une ancienne porte de ville — une configuration peu commune, ce passage servant aujourd'hui d'entrée vers les thermes. Le clocher reçut son horloge en 1899 selon les chronologies locales, et le portail est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 9 juin 1925.
XVIe siècle
Monluc, Montaigne et le futur Henri IV Vanté par Monluc — venues traditionnelles
Les vertus des eaux sont vantées par le maréchal gascon Blaise de Monluc et par Michel de Montaigne. La tradition veut que les comtes d'Armagnac et de Foix, puis Henri de Navarre lui-même, aient fréquenté les bains. Le témoignage de Monluc, enfant du pays, est le plus solide ; les venues de Montaigne et du futur Henri IV restent de l'ordre de la tradition admise.
1629
Le premier traité médical Fait établi
Nicolas Chesneau publie son Discours et abrégé des vertus et propriétés des eaux de Barbotan en la comté d'Armaignac — un traité de médecine remarquablement précoce, qui inscrit officiellement Barbotan dans la littérature thermale française, près de deux siècles avant l'essor de la station moderne.
1820 – vers 1860
Naissance de la station moderne Fait établi
Un premier établissement thermal est fondé en 1820, un second vers 1850. Vers 1860, la station accueille près de 5 000 curistes par an — un chiffre considérable pour l'époque. Au même moment, Cazaubon élève sa nouvelle église paroissiale néo-gothique Saint-Martin ; l'ancienne église — fin du XVe ou début du XVIe siècle, sur l'emplacement d'un édifice antérieur — est désaffectée vers 1860-1870 et sert aujourd'hui de salle d'exposition.
1889 – 1900
La renaissance de la Belle Époque Fait établi
Après un déclin dans les années 1870, la station renaît à partir de 1889 : bâtiment des bains de boue près de l'église, établissement des « Bains Clairs », Grand Hôtel — seul ce dernier subsiste aujourd'hui. La ligne de chemin de fer de Nérac à Mont-de-Marsan, achevée par la Compagnie du Midi en décembre 1897, dote la commune de deux gares — Barbotan-les-Thermes et Cazaubon — et amène les curistes au pied des bains. C'est l'âge d'or que fixent les cartes postales présentées sur ce site.
1958
La Chaîne Thermale du Soleil Fait établi
Sous l'impulsion de son fondateur Adrien Barthélémy — qui a donné son nom au parc thermal — la Chaîne Thermale du Soleil acquiert la station. Le développement est spectaculaire : au milieu des années 1980, Barbotan accueille environ 18 000 curistes par an et se hisse au 10e rang des stations thermales françaises. Le rail, lui, fermé aux voyageurs dès 1938, perd ses derniers convois de marchandises au cours des années 1960.
1964 – 1973
La naissance du lac de l'Uby Fait établi
En 1964, Marc Dero propose le projet d'une retenue artificielle dans la vallée de l'Uby ; le conseil municipal de Cazaubon l'engage formellement en juillet 1966. Les travaux débutent en 1969 — acquisitions de terrains, barrage, voirie, assainissement —, la digue est édifiée en 1970 et le déboisement de la future zone immergée s'achève en 1971. En juillet 1972, la mise en eau commence sur environ 70 hectares : le lac est né, et Le Monde titre alors « Barbotan s'offre un lac artificiel ». En juillet 1973, la base de plein air et nautique est pleinement installée.
1985 – 1988
L'établissement d'Edmond Lay Fait établi
L'architecte Edmond Lay conçoit un vaste établissement thermal — un programme de plus de 35 000 m² sur trois niveaux, aux formes inspirées des séchoirs à tabac du Sud-Ouest. Le chantier est toutefois interrompu en 1988 pour raisons financières : le niveau supérieur prévu ne sera jamais construit.
27 juin 1991
La catastrophe des thermes Fait établi
Ce jour-là, environ 600 curistes sont présents lorsque des travaux d'étanchéité sur la toiture-terrasse tournent au drame : du bitume brûlant, renversé accidentellement, s'écoule sur une cloison d'isolation qui s'enflamme et propage des fumées toxiques. Vingt curistes et une employée, asphyxiés, perdent la vie — 21 victimes que la commune n'oublie pas.
L'enquête établit une cause accidentelle aggravée par de graves manquements à la sécurité. Le procès, dépaysé à Toulouse, aboutit en 1996 à des condamnations confirmées en appel en 1998, puis par la Cour de cassation le 29 juin 1999 — un arrêt devenu une référence du droit de la sécurité des établissements recevant du public. Fermé depuis le drame, l'établissement rouvre ses portes le 15 juillet 1991 — moins de trois semaines plus tard. Les curistes reviennent, mais l'émotion reste vive et la polémique enfle sur la situation administrative des thermes, tandis que l'instruction est confiée à la juge Nicole Bergougnan, à Auch (Le Monde, 24 juillet 1991). Dans les années qui suivent, les thermes seront remis aux normes les plus strictes.
Aujourd'hui
Bourg gascon et ville d'eaux Fait établi
Forte de 1 665 habitants (population légale 2023, INSEE), la commune conjugue ses deux identités. Barbotan est l'une des rares stations françaises à traiter à la fois la rhumatologie et la phlébologie, grâce à une eau émergeant naturellement à 37-38 °C et à ses boues végéto-minérales — une tourbe maturée dans l'eau thermale, que la station présente comme uniques en France. Labellisée Station verte et Cittaslow, au cœur de l'appellation Bas-Armagnac et de ses « sables fauves », Cazaubon-Barbotan accueille plus de 16 000 curistes par an, de mars à novembre.