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Figure locale · 1816 – 1869

Charles de Barbotan

Le comte bâtisseur : dernier de sa lignée à diriger le domaine familial, il donne aux thermes leur visage de station aristocratique du XIXe siècle.

Charles-Marc-Antoine de Barbotan naît à Pau le 14 mars 1816, héritier d'une très ancienne famille noble gasconne — celle-là même dont le nom se confond avec le village. Son ascendance porte déjà la marque de l'histoire nationale : son arrière-grand-père Clair-Joseph de Barbotan, maréchal de camp et député de la noblesse de la sénéchaussée de Dax aux États généraux de 1789, fut accusé sous la Terreur de relations avec les émigrés, condamné à mort et exécuté à Paris en 1794.

L'œuvre thermale de la famille ne commence pas avec lui : son père, Clair-Joseph de Barbotan, avait repris en main l'exploitation des bains après les déboires de divers fermiers, et entrepris la construction d'un établissement plus digne de ce nom, à une époque où l'accès à Barbotan restait fort difficile. Charles poursuit et amplifie cette œuvre : dans les années 1850, il fait construire un nouvel établissement et le célèbre chalet, et aménage une allée de cèdres du Liban près des vestiges de l'ancienne tour de briques. C'est sous son impulsion que le domaine prend réellement l'allure d'une station thermale aristocratique du XIXe siècle — et non plus de simples bains autour des sources.

Le fameux chalet garde d'ailleurs sa part de mystère : une étude généalogique situe les constructions de Charles entre 1850 et 1854, tandis que la chronologie locale donne 1858 pour le chalet, élevé près de l'ancien château féodal et, dit-on, sur le modèle d'un chalet de Napoléon III à Plombières-les-Bains. L'année exacte, comme le modèle précis, restent à établir par une source primaire — actes notariés, matrices cadastrales ou comptes de travaux.

Sa vie se partage entre Pau et Barbotan. Conseiller général des Basses-Pyrénées pour le canton de Lagor de 1855 à sa mort, « propriétaire à Pau », il épouse en 1849 Anna-Pierre-Louise Dufau, fille d'un premier président de la cour d'appel de Pau qui fut aussi député et maire de la ville. Le couple a cinq filles, dont trois atteignent l'âge adulte — mais aucun fils survivant : à sa mort s'éteint la lignée directe des comtes de Barbotan.

Charles meurt à Barbotan en septembre 1869, à cinquante-trois ans — le 4, le 5 ou le 7 du mois selon les sources, et seul l'acte d'état civil de Cazaubon tranchera. Après lui, sa veuve et ses filles conservent quelque temps les propriétés thermales avant de les vendre progressivement, puis définitivement en 1890, à une société d'investisseurs. Sa mort marque ainsi la vraie transition de l'histoire thermale : des bains de la famille seigneuriale à la station moderne des sociétés privées.

☞ Sources : généalogie de la maison d'Abbadie de Maslacq, Généalogie Gascogne Gersoise (bulletin n° 71, juin 2010), chronologie locale Jalons (2019), liste des conseillers généraux du canton de Lagor. Énigmes ouvertes : la date exacte du décès (4, 5 ou 7 septembre 1869 — acte d'état civil de Cazaubon à consulter), l'année précise du chalet (1850-1854 ou 1858), son éventuel modèle de Plombières, et le titre de chevalier de la Légion d'honneur (mentionné par une généalogie ancienne, non retrouvé dans la base Léonore). Aucun portrait authentifié de Charles n'est connu à ce jour — avis aux archives familiales.