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Figure locale · 1832 – 1902

Léonce Couture

L'érudit du village : une vie entière au service des lettres et de la mémoire de la Gascogne.

Né à Cazaubon le 3 septembre 1832 — l'année même où meurt Jean-Baptiste Latané —, Léonce Couture consacre sa vie à l'étude. Professeur puis doyen à l'Institut catholique de Toulouse, il devient l'une des grandes figures des études gasconnes de son siècle : philologie, histoire religieuse, littérature méridionale, rien de ce qui touche à la Gascogne ne lui est étranger.

Cheville ouvrière de la Revue de Gascogne, il anime pendant des décennies cette publication savante où s'écrit l'histoire de la province — celle-là même qui accueillera plus tard l'étude critique de la légende de saint Luperc. Érudit exigeant et passeur infatigable, il incarne cette génération de savants provinciaux qui ont sauvé de l'oubli des pans entiers de la mémoire régionale.

C'est encore à lui que Cazaubon doit une victoire d'archiviste : c'est Couture qui retrouva au parlement de Toulouse l'arrêt de 1649 de l'affaire de Laballe et qui, le premier, dégagea l'histoire de la légende de la « tour du crime ». Dans sa préface de 1904, l'abbé Escarnot le salue comme un « grand maître, enfant du pays, dont il a été et reste la gloire ».

Il meurt à Toulouse le 17 février 1902. Un site comme celui-ci, qui s'efforce de distinguer le fait établi de la tradition, travaille au fond dans son sillage : Léonce Couture est un peu le patron des pages que vous lisez.

Couture fut aussi l'ami intime et le premier éditeur de l'abbé Ducruc : c'est sur son insistance que parurent les douze chroniques du curé de Cazaubon dans la Revue de Gascogne, et c'est lui qui signa son éloge en 1890, saluant dans ses travaux une mine féconde pour l'histoire du pays (Cames, 2017).

☞ Sources : notices biographiques de Léonce Couture (1832-1902), fondateur et directeur de la Revue de Gascogne ; abbé Escarnot, Barbotan-les-Bains, précis d'histoire (1904) — l'arrêt de 1649 « retrouvé à Toulouse par l'abbé Couture », renvois à la Revue de Gascogne, et l'hommage de la préface (« grand maître, enfant du pays ») ; Henri Polge, Barbotan et le Bas-Armagnac (1955). Nécrologie : Annales du Midi, t. 14, n° 54, 1902, p. 265-266 (sur Persée). Portrait : gravure de la Revue de Gascogne, 1882.