AccueilFigures localesL'abbé Escarnot
Figure locale · XIXe – XXe siècles
Le prêtre-historien de Barbotan : l'auteur, en 1904, de la grande synthèse d'histoire de la commune — nourrie de Ducruc et de Couture, et dont tous les travaux ultérieurs, de Polge à ce site, se nourrissent à leur tour.

Il y a un paradoxe savoureux dans cette fiche : l'homme qui documenta tous les autres (les sires de Barbotan, les curés, les saints et les seigneurs) n'a presque rien laissé sur lui-même. Jusqu'à ses initiales : la Bibliothèque nationale l'enregistre « Escarnot, J.-B. », sans les développer ; seule l'édition de 1977 l'appelle Jean. Ce que la BnF établit, c'est sa qualité d'ancien curé de Puységur, près de Fleurance ; son lien avec Barbotan, lui, transparaît dans l'hommage que lui rend la Revue de Gascogne en 1913 (« M. l'abbé Escarnot, qui a tant fait pour l'histoire de sa paroisse »). La page de titre de son Précis le dit d'ailleurs expressément « curé de Barbotan », et sa préface salue l'abbé Ducruc comme son « prédécesseur » ; seules les dates de son ministère restent à établir. Sa plus ancienne trace de vie est un souvenir glissé dans ses notes : en 1868, il vit de ses yeux le château de Puységur habité par la famille Carrère.
Son grand œuvre paraît en 1904 : Barbotan-les-Bains — Précis d'histoire régionale et locale, désormais lisible intégralement sur Gallica, 334 pages avec planches et cartes, publié « chez l'auteur », à Barbotan, comme le porte sa page de titre. Il y embrasse tout, de l'Aquitaine des origines aux curés de la paroisse, en passant par la généalogie complète des seigneurs de Barbotan (celle-là même que reprend ce site) et l'affaire de Laballe de 1649, exhumée pour démonter la légende de la « tour du crime ». Et il ne s'arrête pas là : en 1908, son étude du Château de Puységur paraît dans la Revue de Gascogne (elle se lit aujourd'hui sur Gallica), et en 1912 il y publie encore, en cinq livraisons, Barbotan et la Gascogne religieuse et littéraire, quelque quatre-vingts pages supplémentaires.
Sa méthode force le respect, hier comme aujourd'hui : manuscrits de la Bibliothèque nationale, comptes consulaires de Lectoure, minutes notariales des Archives du Gers, fonds du Grand Séminaire d'Auch, papiers privés confiés par des correspondants — il croise tout, corrige les généalogies imprimées par les actes, et remercie ses informateurs pour leurs « documents inédits ». Sa postérité est à cette mesure : Henri Polge bâtit son ouvrage de 1955 « grâce aux recherches de l'abbé Escarnot » — ce sont ses mots —, les historiens de Milhars le citent en 2018, et l'office de tourisme puise aujourd'hui même dans un de ses manuscrits pour raconter Sainte-Fauste. Barbotan ne l'a pas oublié : une rue de la station porte son nom.
Son Précis de 1904 a été réédité en fac-similé en 2013 et se trouve encore en librairie — rare privilège pour une monographie paroissiale. Un volume distinct de 160 pages, Histoire locale et régionale, parut par ailleurs en 1977 sous le nom « abbé Jean Escarnot » : abrégé, remaniement ou recueil posthume, sa nature exacte reste à élucider. Restent surtout les blancs de sa propre histoire : dates de naissance et de décès (la BnF ne connaît que « 18.. – 19.. »), parcours ecclésiastique complet, sépulture, visage — et la localisation du manuscrit de Sainte-Fauste. Les Ordo du diocèse d'Auch, la délibération municipale qui baptisa sa rue, un registre paroissial ou une photographie de presbytère pourraient tout débloquer : si vous détenez l'une de ces clés, cette fiche attend de rendre à l'historien ce qu'il a donné à tous les autres — une biographie.
☞ Sources : notices d'autorité et bibliographiques de la BnF (« ancien curé de Puységur », 18..-19.. ; Précis de 1904, 334 p., « impr. de l'auteur » ; fac-similé 2013 ; numérisation Gallica, ark bpt6k1453675) ; Le château de Puységur (1908) sur Gallica ; Revue de Gascogne (études de 1908 et 1912, hommage de 1913) ; Henri Polge (1955) ; office de tourisme de Barbotan (manuscrit relatif à Sainte-Fauste) ; librairies anciennes (édition de 1977, Imprimerie Dauba Frères). Dossier de sources établi le 24 août 2026 pour ce site. Les anciens volumes de la Revue de Gascogne se feuillettent sur Gallica, où l'on peut lire ses études dans le texte.