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Figures locales · 1750 – 1794 et 1761 – 1813

Jean-François & Eliza de Feuillide

L'histoire la plus romanesque de Barbotan : un gentilhomme assécheur de marais mort sur l'échafaud, et son épouse qui relie le village à Jane Austen.

En 1782, Jean-François Capot de Feuillide, gentilhomme gascon, obtient du roi la concession des immenses marais de Barbotan et de Gabarret, à charge pour lui de les assécher et de les mettre en valeur. Le voilà engagé dans l'une de ces grandes entreprises d'aménagement du siècle des Lumières — drainer, assainir, cultiver ces terres d'eau qui entourent les sources thermales.

La Révolution brise cette ambition : compromis aux yeux du Tribunal révolutionnaire, Capot de Feuillide est guillotiné en 1794, la même année que le comte de Barbotan. Les marais qu'il rêvait de transformer retournent à leur destin — jusqu'à ce que, près de deux siècles plus tard, le vallon voisin de l'Uby devienne un lac.

Mais c'est son épouse qui offre à Barbotan son lien le plus inattendu avec la littérature mondiale. Eliza de Feuillide (1761-1813) est la cousine germaine de Jane Austen. Devenue veuve, elle épouse en secondes noces Henry Austen — le frère préféré de la romancière. Brillante, francophile, marquée par le destin tragique de son premier mari, Eliza fut une figure familière du cercle intime de l'écrivaine, et certains austeniens la considèrent comme une source d'inspiration de ses personnages les plus pétillants.

Ainsi, par les marais d'un village gascon, un fil discret court jusqu'aux salons de la plus grande romancière anglaise. Peu de communes de France peuvent en dire autant.

☞ Fiabilité : la concession de 1782, l'exécution de 1794 et le remariage d'Eliza avec Henry Austen sont attestés. L'influence d'Eliza sur les personnages de Jane Austen relève de l'hypothèse littéraire, débattue par les spécialistes. Un portrait miniature d'Eliza existe — une piste pour illustrer cette fiche.