AccueilPatrimoineLes arènes
Patrimoine · 1891
Bâties en 1891, déplacées en 1898, baptisées du nom d'un père et d'un fils : le temple cazaubonnais de la course landaise.

Des courses sont signalées à Cazaubon dès 1870 : on les donnait alors dans des installations démontables de bois, dressées pour les fêtes patronales (Tourisme Gers, Circuit des arènes). En 1891 — le 11 avril, selon les notices touristiques, la nature exacte de l'acte restant à établir aux archives — la commune se dote d'arènes en dur sur le champ de foire, loges et tribunes couvertes. Sept ans plus tard, en 1898, on les déplace sur leur site actuel, place Alban-Dulhoste : l'emplacement d'origine revient aux Écoles publiques, l'école remplaçant l'arène, tout un programme de IIIe République.
Cazaubon est depuis une place forte gersoise de la course landaise, ce sport où l'on ne tue pas : face à la coursière lancée, l'écarteur pivote au dernier souffle, le sauteur passe par-dessus les cornes, et le public juge l'élégance du geste. Dès 1911, un chroniqueur du journal La Course landaise revendiquait pour elle le rang de « première plaza de l'Armagnac », opposant l'exigence de son public à celle de Pomarez : jugement enthousiaste d'aficionado plutôt que classement, mais qui dit la réputation. Les publications de la discipline créditent les arènes de 1 750 places (les recensements sportifs donnent des jauges moindres, et seul le registre de sécurité trancherait) ; concerts et grandes manifestations s'y donnent aussi.
Elles portent officiellement le nom de Jean et Gérard Darrigade : le père, grand et dévoué aficionado, dont la biographie reste à écrire ; le fils (1923-1999), journaliste, secrétaire général puis deuxième président de la Fédération française de la course landaise, de 1976 au 9 février 1997, décoré de la Légion d'honneur en 1993 — ses papiers sont aujourd'hui conservés aux Archives départementales des Landes. C'est lui encore qui fonda, en novembre 1961, le Club des Amis de la course landaise de Cazaubon, selon le témoignage d'un de ses successeurs. Le nom double des arènes est attesté dans la presse dès 2001 ; la délibération de baptême, elle, reste à retrouver (l'histoire de cette filiation, longtemps brouillée, est démêlée au vrai-faux de la page Histoire).
Le rôle de Cazaubon dépasse d'ailleurs l'accueil des spectacles : en 1963, son club créa le Boléro d'Argent, le trophée qui récompense chaque saison la régularité d'un écarteur, et qui se dispute toujours (Fédération française de la course landaise). Et les arènes ont mille vies : la banda Las Murgas y fit sa première sortie officielle en tenue le 30 août 1955, chemises jaunes et rouges cousues par Mme Fernandez (souvenir de Jacky Mano) ; la Lyre cazaubonnaise y fêta son centenaire en juin 1989 ; novilladas de la peña El Duende (née en 1994), forcados de Chamusca venus du Portugal depuis 2002, corrida portugaise dont la Chambre régionale des comptes notait en 2018 que Cazaubon était alors la seule place du Gers à la proposer, festival gasco-camarguais, rock aux arènes en 2014-2015, courses solidaires et pétanque des fêtes : la piste de sable sert à tout le village.
Reste la question des matériaux, que la recherche affine sans la clore : la mairie décrit des tribunes de bois du XIXe siècle, une restauration partielle est portée au crédit des mandats de Marc Déro (1971-1995) sans date ni détail, et il faudra examiner séparément loges, couverture, gradins et enceinte avant de raconter « le » passage au béton. Un chantier récent, lui, est documenté : en 2024, la partie des arènes côté porte principale a été rénovée (entreprise Briscadieu), tandis que la place Alban-Dulhoste était réaménagée (bulletin municipal, décembre 2024). Pour l'ancien temps, les cotes sont prêtes : le dossier « Arènes, 1892-1935 » des Archives du Gers (2 O 96/11) et ses voisins trancheront. Qui se rappelle les gradins de bois, les grands travaux, les courses d'antan ? Les souvenirs restent bienvenus.
Enfin, les mémorialistes de la course landaise ont exhumé une affiche et trois photographies d'une course donnée à Barbotan même, en 1950 : une manifestation dans l'autre bourg de la commune, sans préjuger d'arènes permanentes là-bas. Ils publient aussi trois cartes anciennes des loges et tribunes de Cazaubon, qui permettront de comparer les états du bâtiment avec les cinq vues de notre collection, ci-dessous.
☞ Sources (dossier de recherche du 24 septembre 2026) : Tourisme Gers, Circuit des arènes (courses dès 1870, décision de 1891) et notice des arènes ; Office de tourisme de Barbotan (notice, 11 avril 1891 et 1898) ; La course landaise et son patrimoine — chronique de 1911 transcrite, cartes des loges et tribunes, course de Barbotan, 1950 ; FFCL (le Boléro d'Argent, créé en 1963 par le club de Cazaubon) ; Archives départementales des Landes, inventaire du fonds FFCL (Gérard Darrigade 1923-1999, présidence, Légion d'honneur 1993, cotes 168 J) ; La Dépêche (Las Murgas, 15 août 2023 ; club de 1961, 22 janvier 2010 ; nom double attesté, 23 août 2001) ; bulletin municipal n° 6, décembre 2024 (rénovation Briscadieu, place Alban-Dulhoste) ; CRC Occitanie, 2018, p. 40. Capacité de 1 750 places d'après les publications de la course landaise ; dimensions de piste retirées (celles publiées concernaient Castelnau-d'Auzan). À dépouiller : Archives du Gers, 2 O 96/11 « Arènes, 1892-1935 », 2 O 96/9 et 2 O 96/10 ; délibération de baptême des arènes non retrouvée.


.webp)
.webp)

