AccueilFigures localesVila Glasberg
Figure locale · 1907 – 1944 · Mort en déportation
Le directeur du Bégué : il protégea des centaines de réfugiés et paya ce courage de sa vie.

Vila Glasberg naît le 29 novembre 1907 à Jitomir, en Ukraine, dans une famille juive convertie au catholicisme. Avec son frère Alexandre — le futur abbé Glasberg, grande figure du sauvetage des Juifs en France —, il émigre en France en 1931 ; dès lors, les deux frères se consacrent au sort des réfugiés et des exclus de tous bords. En octobre 1942, sous le nom de clandestinité francisé de Victor Vermont, Vila devient régisseur du château du Bégué, à Cazaubon, et prend la direction du centre d'accueil qui s'y ouvre — l'un des centres du réseau fondé par son frère avec l'Amitié chrétienne, dans le domaine mis à disposition par le comte et la comtesse d'André.
Le centre est patronné par Mgr Théas, évêque de Montauban, qui réactive pour l'occasion ses amitiés d'ancien combattant de 1914-1918 — dont le maire de Cazaubon, Fernand Sentou. Autour de Vermont s'organise tout un réseau : Sentou fournit les faux papiers, le curé de Panjas Laurent Talès prête son concours, les assistantes sociales Nina Gourfinkel et Ninon Weyl-Haït l'épaulent, la comtesse d'André sert d'hôtesse du domaine. Plus d'une centaine de Juifs et de non-Juifs traqués, extraits des camps d'internement français, subsistent ainsi en travaillant au château et dans les fermes voisines.
Le 19 août 1943 — le 16 selon certaines notices —, à la suite d'une dénonciation, des policiers viennent l'arrêter au château — en le prenant pour son frère Alexandre, alors recherché et passé dans la clandestinité. Déporté, Vila Glasberg est assassiné le 7 mars 1944. Il avait trente-six ans.
Le 17 juin 2003, l'Institut Yad Vashem décerne conjointement le titre de Juste parmi les Nations aux deux frères : à l'abbé Alexandre, qui a survécu à la guerre et poursuivi son œuvre auprès des réfugiés, et à Vila, à titre posthume. La cérémonie de reconnaissance se tient le 5 mai 2004 à Lyon, et une plaque des Justes honore sa mémoire à Cazaubon, au château du Bégué, depuis octobre 2014. Sur cette terre gasconne où il avait choisi de protéger les persécutés, son nom demeure — Vila Glasberg, dit Victor Vermont, mort pour avoir sauvé des vies.
☞ Sources : Comité français pour Yad Vashem, dossier n° 9792A (dates, nomination du 17 juin 2003, récit du sauvetage) et AJPN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie). Voir aussi la fiche de Fernand Sentou pour l'ensemble du réseau du château du Bégué.