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Patrimoine · De l'Antiquité à nos jours

Les thermes de Barbotan

Le cœur battant de la commune : des eaux auxquelles la tradition prête une fréquentation antique, jusqu'aux soins d'aujourd'hui.

L'eau de Barbotan émerge naturellement à 37-38 °C : oligo-métallique, bicarbonatée calcique, silicatée et magnésienne, riche en gaz carbonique dissous. Mais la vraie signature de la station, ce sont ses boues végéto-minérales, que la station présente comme uniques en France : une tourbe née de la lente décomposition des végétaux, maturée dans l'eau thermale, appliquée en illutations — complétée par des cataplasmes d'argile enrichis d'eau thermale.

Cette alchimie naturelle fait de Barbotan l'une des rares stations françaises à traiter simultanément la rhumatologie et la phlébologie. Exploitée par la Chaîne Thermale du Soleil depuis 1958, la station accueillait environ 16 000 curistes par an à la fin des années 2010 (Chambre régionale des comptes, 2018) et ouvre de mars à novembre, dans l'établissement aux formes de séchoir à tabac dessiné par l'architecte Edmond Lay dans les années 1980, reconstruit et modernisé après l'incendie du 27 juin 1991 — dont la mémoire des 21 victimes demeure indissociable du lieu.

La tradition fait remonter la fréquentation des sources à l'Antiquité — des vestiges antiques ont été signalés en 1828 — et, bien des siècles plus tard, la vapeur monte toujours : l'histoire de l'eau et du soin à Barbotan compte parmi les plus anciennes de la région.

Trois siècles de littérature médicale ont précédé la station moderne : le docteur marseillais Nicolas Chesneau publie le premier traité en 1629, suivi du chirurgien Isaac Garrellon (Toulouse, 1757) et du docteur Dufau, de Mont-de-Marsan (1785) — sans compter les érudits qui s'écrivent leurs cures, de Vertunien à Scaliger (1604) à Chapelain écrivant à Balzac (1624). En 1907, signe des temps, la radio-activité des eaux est mesurée par M. Danne, préparateur du professeur Curie — la réclame d'époque par excellence. Et dans les années 1950, Henri Polge décrit un parc thermal déjà célèbre : rivière aux lotus, étang aux nénuphars, tennis... et le golf miniature que montrent nos cartes postales (Polge, 1955).

La technique a aussi son histoire, que documente un rapport du BRGM de 1988 : les Bains Clairs furent bâtis sur pilotis en 1854-1855, dans le terrain marécageux — un détail qui donne tout leur sens aux cartes postales des anciens établissements posés sur les boues. Le même rapport décrit le bassin de captage, puis les forages Saint-Pierre 1 et Saint-Pierre 2, réalisés en juillet et août 1986 jusqu'à 423 et 425 mètres de profondeur : l'eau des curistes vient de loin sous leurs pieds (état documenté en 1988, aux côtés de la chronologie d'Escarnot et de Polge).

Pierre Cames (2017) décrit enfin ce qu'étaient les bains avant les établissements en dur : mixtes, en plein air, dans un bourbier naturel abrité d'une simple palissade, qu'il identifie à la future mare aux lotus. On s'y tenait debout, une heure durant, jusqu'à une centaine de baigneurs à la fois ; quatre à cinq cents curistes, que les autochtones appelaient « les étrangers », fréquentaient la station pendant une saison de trois mois.

☞ Sources : Henri Polge, Barbotan et le Bas-Armagnac (Condom, 1955) ; Chaîne Thermale du Soleil, Inventaire général du patrimoine (Région Occitanie), mairie de Cazaubon. Voir aussi la page Histoire pour l'incendie de 1991 et ses suites. BRGM, rapport 88-SGN-780-MPY (novembre 1988), p. 33 et 38 du PDF — pilotis de 1854-1855 et forages Saint-Pierre de 1986 (en ligne). Pierre Cames, L'abbé Bernard Ducruc, le baron Haussmann cazaubonnais, Via Cultura, Cazaubon-Barbotan, juillet 2017, p. 10-11 — les bains d'avant 1854.

Les thermes de Barbotan dans la collection

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Les bains de boue
Les bains sulfureux
L'établissement des bains
L'établissement des bains
Les bains de boue
Les bains de boue
Les bains de boue et le parc
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Les bains