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Patrimoine · Fin du Moyen Âge – XVIe siècle

Église Saint-Pierre de Barbotan

Le monument-signature de Barbotan : une porte de ville, une église et l'entrée des thermes réunies en une seule arche.

L'église Saint-Pierre de Barbotan date pour partie de la fin du Moyen Âge : les textes anciens la nomment ecclesia sancti Petri de Rivo calido, en gascon Sent Pé deu Riucau, « Saint-Pierre du ruisseau aux eaux chaudes », car elle est bâtie sur les sources mêmes. Elle fut reconstruite au cours de la première moitié du XVIe siècle, après sa démolition par les Anglais en 1355. Une tradition, que l'abbé Escarnot jugeait « probable », veut même que les Templiers l'aient élevée dès le XIIe siècle : des anneaux d'or attribués à l'ordre furent découverts près de l'église (procès-verbal de 1840). Sa singularité, peu commune en France : son clocher-porche est une ancienne porte de ville, sous laquelle s'ouvre un portail de style Renaissance daté de 1546 — et ce passage sert aujourd'hui encore d'entrée vers l'établissement thermal. Deux protections distinctes veillent d'ailleurs sur l'ensemble : le portail, inscrit dès 1925, et la porte de ville elle-même, inscrite par arrêté du 16 février 1926 (dont 2026 marque donc le centenaire). Le sacré, la cité et l'eau réunis sous une même pierre.

L'édifice présente une nef unique en moyen appareil de calcaire, avec des parties hautes en brique. Le sommet de la porte de ville fut transformé en pyramide pour servir de clocher et reçut en 1899 une horloge dont M. Ardurat, conducteur des Ponts et Chaussées, dessina les cadrans dans le goût du XVe siècle ; le fronton porte les armes de Cazaubon. Le portail Renaissance est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 9 juin 1925.

Franchir cette arche, c'est répéter le geste de générations de curistes : passer du bourg aux bains, de la place du village aux eaux chaudes — le plus court chemin de France entre une église et une source.

Cette configuration s'est jouée en 1775 : jusque-là, le chemin de Cazaubon contournait le village par la Garière ; il passe depuis directement sous le porche, au grand dam du curé de l'époque qui voyait s'envoler le recueillement. L'église a d'ailleurs connu bien des statuts — annexe de Gabarret au XIe siècle, paroisse de l'archidiaconé de Sos, archiprêtré de 1744 à la Révolution — avant que le jeune abbé Bernard Ducruc, successeur de l'abbé Ducom, ne l'assainisse et l'embellisse en 1846 — trois ans avant de gagner Cazaubon, où il bâtira la nouvelle Saint-Martin. Sa fête patronale se célèbre toujours le 29 juin.

Un regard extérieur confirma tôt la valeur du monument : en 1902, Paul Allorge, antiquaire de la Société des antiquités de Seine-et-Oise venu en cure à Barbotan, en dressa une monographie admirative que reproduit Escarnot : nef à quatre travées voûtées, clés de voûte romanes, colonnettes du sanctuaire aux chapiteaux du XIIe siècle.

☞ Sources : plateforme POP / base Mérimée, notice IA32000550 (Inventaire général, Région Occitanie — enquête 1992, notice actualisée en 2025) et son dossier complet sur le site de l'Inventaire régional. L'histoire ancienne (nom gascon, 1355, tradition templière, 1775, travaux de 1846, horloge de 1899) suit Henri Polge, Barbotan et le Bas-Armagnac (Condom, Imprimerie Nouvelle, 1955), d'après les recherches des abbés Escarnot et Ducruc ; l'usage comme entrée des thermes relève de l'observation ; les anneaux d'or (procès-verbal de 1840) et la monographie Allorge (1902) suivent l'abbé Escarnot, Précis de 1904. Les deux protections sont documentées sur POP : porte de ville PA00094765 (arrêté du 16 février 1926) et portail PA00094764.

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L'église de Barbotan
La porte de ville
La porte de ville
La porte et l'église
La porte et les hôtels
La porte et les hôtels
La porte et l'hôtel de la Paix
Le kiosque et l'église
La rotonde et l'église